La Bilocha

A partir de mai avec un sommet pour Pâques, nous sortions nos bilochas, la mienne était rouge avec mes initiales en argent, un grand R et un petit V entourés de coeurs bleus avec  au centre de chaque coeur bleu un coeur en argent, les premiers essais avaient été faits à la terrasse de la maison de mon grand-père maternel au 9 rue de l'Arsenal pour éviter les fils des poteaux électriques où quelquefois les bilochas aimaient s'accrocher juste pour nous embêter. La rue de l'Arsenal et notre bonne vieille Calère rivalisaient dans la construction de nos bilochas faites de roseaux et de papiers de couleur, il fallait la faire voler le plus haut  possible dans le ciel et, l'on accrochait au fil des papiers de couleur métallisés ( quelquefois les simples papiers internes des paquets de cigarettes de chez Bastos) qui la rejoignaient tout là-haut dans l'azur du ciel oranien pour dire bonjour à Notre Dame de Santa-Cruz.        Sur la photo mon frère jacques avec ma bilocha que mon grand frère  Antoine m'avait fabriquée, il est devant la voiture de M. GARCIA son parrain, un grand ami de mon père, qui travaillait aussi aux Colis Postaux sur le port. sur la photo suivante moi qui surveillait ma bilocha au cas où elle aurait voulu me dire au-revoir. Nous étions ce jour là sur le sommet de Santa-Cruz.

Voir photos Oran au delà de la Marine page 9/9



Article ajouté le 2007-06-11 , consulté 488 fois

Commentaires


Atmosphère88 site : atmosphere88.bloguez.com | le 18/01/2008 à 09:22:18
Bonsoir Richard,

Les bilochas m'ont inspirée ce matin...voila ce que j'aurais posté et c'est un plaisir de te passer le commentaire ainsi ;)

Nous les appelions cerfs-volants, mais pourquoi cerfs ? cerfs sont à la forêt ce que les biches sont aux abois..
Volants, volons, virevoltes, tourbillons..
Dans la simplicité relative de ces constructions de fil et de crépon, on ressent toute la magie des préparatifs, la sueur de l'empressement à fignoler les bilochas, sortes de désserts pour moi comme les batzlavas, ça sonne comme ça...comme un déssert sucré.. rien qu' à le prononcer..

Pourquoi le rouge ? comme chez tous les enfants, la couleur la plus vive, celle de l'habit de là bas, sans doute un rappel.. et les initiales, afin de marquer le lieu, de l'empreinte magique de celui qui a sué pour fignoler les bilochas et fait voler la lanterne le plus haut, le plus longtemps possible...

Il y a des enfants qui ne connaitront jamais la simplicité de nos jeux de gosses, parce que, ce qu'ils reçoivent est de plastic et de chimie, venue de Chine ou d'Indonésie, et n'apprennent que peu, à se servir de ce qui coûte moins.. Comment peuvent ils ensuite être heureux et épanouis ?

As-tu eu le bonheur d'avoir appris à des enfants, tes enfants ici ?
à non seulement confectionner les bilochas, mais à les envoler avec eux ?
Sans doute moins que tu l'aurais désiré, Toulon n'a pas de Mont Santa-Cruz...

Il me semble voir les images de ces mômes en shorts sûrement, attentionnés et patients, pour le plaisir d'éclairer le ciel, de lanternes magiques, et de s'approcher de l'infini, par un vol de papillon à fil tenu.

Voila, prends en la substance, change de possibles erreurs, j'imagine tellement ces jeux d'enfants... innocents.

Passe une douce fin de soirée,

Amicalement,

Anne


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