Oran, une Ville, une Vie

Oran, une Ville, une Vie

les Fêtes Pascales

Je me souviens de Pâques, cela commençait bien avant ; pour annoncer Pâques, nous avions la Chandeleur où, ma Mère pour respecter la tradition dans la première crêpe mettait une pièce, puis l'enroulait la crêpe sur elle-même et la jetait sur l'armoire de sa chambre, enfants nous la suivions tous de la fabrication de la crêpe au lancer sur l'armoire, c'était la crêpe du pauvre, et l'année suivante la pièce était donnée au plus pauvre qui passait par là.

Puis arrivait Mardi-Gras ou nos parents nous costumaient dans les habits de nos ancêtres, ma cousine Elisabeth était costumée en Alsacienne, puisque son Père était d'origine alsacienne, ses ancêtres étaient venus en Algérie en 1870, l'Alsace et la Lorraine ayant été prises par les allemands, ils avaient quitté leur terre pour cette terre Française pleine d'espérance qui était l'Algérie pour rester malgré tout français.

Puis venait les rameaux avec la bénédiction des branches d'oliviers, ou pour les plus jeunes de beaux rameaux en bois ou étaient accrochés des fruits et des chocolats avec des guirlandes de rubans en couleur. Les Prêtres du patronage bénissaient les Rameaux dans la cour du patronage ; nous nous avions juste à traverser notre rue pour aller au Patro. Ce jour là nous avons juste passé la porte du Patro pour aller dans le préau où se tenait la personne préposée à la distribution de l'olivier, quand l'un de nos camarades de catéchisme, nous dit que le Père Perrin nous cherchait pour que l'on fasse partie de la Chorale, nous nous sommes dirigés vers la personne qui distribuait l'olivier, mon frère et moi avions donné notre obole plus l'argent pour les bonbons et nous avions pris les plus belles branches, nous étions devenus de véritables indiens de la tribu des Pieds-Noirs, l'on ne voyait que des branches d'oliviers avançaient toutes seules, nous étions au milieu des Marinéros ( habitant du quartier de  la Marine) pour faire bénir l'olivier, nous entendions nos camarades chantaient. Le lendemain le Père Santoja demandait à mon Père ou étaient passé ses enfants, il ne nous avait pas vu; mon Père lui a répondu que pourtant nous étions bien a la bénédiction. Aujourd'hui si l'un de nos Prêtres maintenant âgés, lit ce texte, il connaitra l'énigme de notre présence absente ce jour là.

Arrivait ensuite le Mercredi des Cendres où les personnes pieuses allaient pour ressortir de l'église St Joseph avec une marque noire au centre du front, le Jeudi Saint ou le reposoir était mis dans toutes les églises, le Vendredi Saint et ses processions qui partaient généralement de St Louis (ancienne cathédrale d'Oran), faisaient un arrêt devant le patronage (église St Joseph) et continuaient le long de notre quartier avec les chants et la Fanfares de la Joyeuse Harmonie.

Et Enfin Pâques avec ses nombreuses traditions, La Passion interprété par des habitants du quartier de la Marine, et qui continue à être jouer en France par l'intermédiaire de la JUDB de Toulon.

Mais laissons parler mes souvenirs : nous attendions le retour des cloches de Pâques, c'était l'annonce des Festivités, pour les plus jeunes la recherche des chocolats que les Cloches nous apportaient à leur retour de Rome. La Jolata qui était généralement un vieux sommier métallique où étaient accrochés divers ustensiles en fer qui était trainé dans la rue par les enfants et les adultes qui les accompagnaient, tout cela produisaient un énormes bruit de ferrailles  mêlé aux cris des enfants et, l'une des plus belles était celle de la Calère. Pour nous notre arrière Grand-Mère qui tant qu'elle le pouvait fabriqué elle même les Monas et faisait pour chaque petit enfant une Monica que nous n'avions le droit de manger que quand les Cloches arrivaient, car elle y mettait des oeufs et de la graisse de porc à la place du beurre, une vieille habitude de son époque ou le beurre était plutôt fait pour les personnes aisées. Il y avait aussi dans notre quartier une tradition qui venait de l'Italie de la région de Naples qui consistait à jeter de la vieille vaisselle abimée par la fenêtre, un jour mon père me pris au bras pour jeter ma première assiette, il arrêta  mon geste car un Kamikaze ( cela existait aussi à Oran) passait par là, c'était peut-être un pauvre gars qui voulait se suicider, un jour que son coeur avait été froissé par le refus d'une guapas ( fille) de la Marine. Il fallait vraiment être un peu abimé de la cabessa (tête) pour passer à l'heure dite car c'était  une pluie de vaisselle qui sortait de toutes les fenêtres et balcons, je revois le prêtre qui habitait en face de chez nous  et sorti avec un service à liqueurs qu'il tenait par les mains et le lâcha, verres plateau et carafes de couleur jaune terminèrent  en mille éclats arrivés au sol, mon assiette fît pale figure ce jour là qui se brisa en deux après le passage du suicidaire, je revois notre rue jonchée tout le long, trottoirs, rue et rigoles de morceaux de toutes les couleurs. Les Basureros ( éboueurs) de notre rue avaient du travail supplémentaire ce jour là.

le jour de Pâques ma Mère faisait les traditionnels oeufs dures que nous devions casser sur le front, c'était un amusement pour les enfants, et notre Père nous tendait généreusement son front pour que les plus petits puissent aussi participer à cette tradition, le Lundi de Pâques ma Mère avec les oeufs restant faisait des oeufs à la mimosas. Il y avait ces jours là sur la table: les oeufs, l'agneau Pascal, la Liadine (plat Italien), les Monas et, bien sur des chocolats.

Ainsi se terminait les festivités de la Passion de notre Seigneur Jésus  Christ.



 

 



14/03/2008
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