Oran, une Ville, une Vie

Oran, une Ville, une Vie

Traité des Zmalas et des Douairs avec la France

Transmis par  Miloud Wahran-Culte

 

 

TRAITÉ DES ZMALAS ET LES DOUAIRS AVEC LA FRANCE

D'après les anciens de l'époque, les Oranais maudissaient les Zmalas  et les douairs (allah yan'aal zmalas oua douairs wine ma tlakou).Ce traité fut signé le 24 février 1834. Abd-El-Kader, satisfait, croyait son repos assuré, lorsque de nouveaux ennemis vinrent l'attaquer dans sa retraite. L'agha Benaouda Mazari et Mustapha ben Ismael, chef des douars qui avait été agha avant la conquête, ne pouvait se résoudre à se soumettre à un usurpateur, ou, comme il disait, à un pâtre, fils de pâtre. Un autre chef, qui menait depuis longtemps une vie de brigandage, Kadour ben el-Morfy, placé à la tête des Bordja, ne pouvant s'accoutumer à la paix qui allait régner dans le pays, se réunit à Mustapha ben Ismael pour soulever les Beni-Amer, une des plus populeuses tribus de la province. Les hommes de cette tribu se refusèrent à payer l'achour, alléguant que la cessation de la guerre rendait cet impôt inutile, et qu'ils ne reconnaissaient pas pour leurs maîtres les infidèles et leurs alliés. Les Douayers et les Zmelas, tribus accoutumées à vivre au XIXe siècle de pillage, se joignirent aux Beni-Amer et commencèrent les hostilités. Abd-El-Kader rassembla au plus vite ses cavaliers dans les environs de Mascara, marcha contre l'ennemi et surprit plusieurs villes laissées sans défense. Mais il eut l'imprudence d'établir son camp sur la lisière de la forêt de Zétoul, dans le pays des rebelles. Au milieu de la nuit, les Douayers mirent en fuite une partie de ses troupes, enlevèrent son camp au galop, et le forcèrent à rentrer presque seul à Mascara. À cette nouvelle, Sidi el-Arubi leva l'étendard de la révolte, les autres chefs des mécontents imitèrent son exemple, et Abd-El-Kader se vit entouré d'ennemis. Au lieu de profiter de ces divisions qui commençaient à naître parmi les tribus indigènes, et tirer parti du coup terrible qui venait d'être porté à l'émir par les Beni-Amer, les Français intervenaient de sorte qu'ils rendirent Abd-El-Kader plus puissant après cet échec qu'il ne l'était auparavant.

Mustapha ben Ismael et Kadour ben el-Morfy, instigateurs de l'insurrection, avaient écrit aux généraux Voirol et Desmichels qu'ils s'engageaient au nom des tribus insurgées à se reconnaître sujets de la France, à renverser Abd-El-Kader et à amener la soumission des troupes de l'émir. Mais le général Desmichels, au lieu d'accepter cette proposition, prit Abd-el-Kader sous sa protection. Celui-ci, se voyant soutenu par les Français et maître de la province d'Oran, c'est-à-dire de cette immense contrée qui s'étend depuis le Chlef jusqu'à l'empire du Maroc, suivit l'exemple du pacha d'Égypte, dont il avait étudié la politique, et il se constitua le négociant de ses États. Il était défendu aux musulmans de traiter directement avec les chrétiens. Abd-El-Kader ne s'en tint pas là : il s'opposa à ce que les Français puissent visiter Tlemcen, sous prétexte que les Arabes et les juifs n'aimaient pas à voir des étrangers chez eux. Bientôt il forma le projet de s'emparer de deux provinces de l'est et du centre, et constituer un état maure sur les hauts plateaux et de laisser aux Français la côte algérienne. Il prit un moyen détourné pour arriver à son but : il écrivit que, grâce à lui, toute la province d'Oran était maintenant pacifiée, que l'est commençait à s'agiter, mais qu'il engageait les généraux français à ne point s'y rendre, qu'il se chargeait de faire rentrer lui-même les tribus insurgées dans la soumission. Mais le général Voirol refusa ces propositions.

Une secte de fanatiques vint à se révolter contre Abd-El-Kader. Les Français prirent encore parti pour Abd-el-Kader. Cette secte s'était soulevée en prêchant la guerre sainte. D'importants personnages étaient à la tête de la ligue, et entre autres, le frère d'Abd-El-Kader, Sidi Mustapha, ancien caïd des Flittas. L'armée de l'émir parvint à vite matter la révolte. Abd-El-Kader cherchait depuis longtemps à sortir de sa province, un incident lui en donna l'occasion. Un chéliff nommé Hadji Mouça prétendait avoir trouvé le moyen d'empêcher les canons et les fusils des infidèles de partir. Le peuple ajouta foi à ses paroles. Mouça, à la tête d'importantes troupes, s'empara de Médéa et de Miliana, mais Abd-El-Kader l'attaqua et le défit entièrement. L'émir, en passant le Chéliff, avait violé les conventions. Néanmoins, vu le service qu'il venait de rendre, les Français lui laissèrent établir Hadj-el-S'ahit khalifet de Medeah, et réclamer le Yachour (« dîme »). Seulement, le comte d'Erlon, gouverneur général, envoya auprès de l'émir un officier d'état-major chargé de le tenir au courant de toutes les entreprises. L'officier, ne comprenant pas l'arabe, ne faisait guère ombrage à Abd-el-Kader, qui lui donnait facilement le change.

Le remplacement du général Desmichels par le général Trézel fut le commencement des hostilités. Le premier soin du nouveau gouverneur fut de travailler à détacher les tribus les plus puissantes de la cause de l'émir. Les Douayers et les Smela se déclarèrent sujets de la France, sous la condition d'une protection efficace. Le comte d'Erlon refusa de sanctionner cette mesure, et Abd-El-Kader, instruit des dissensions qui existaient entre les généraux, persécuta les tribus soumises : celles-ci s'adressent au général Trézel, qui leur aurait alors répondu : « la parole d'un général français est sâcrée ; dans une heure, je serai au milieu de vous. ».

Et sans hésiter, il sort d'Oran à la tête de deux mille hommes bien armés, le 26 juin 1835. Il livre dans la forêt de Mousa-Ismaël un brillant combat, où le colonel Oudinot trouva la mort. Mais les Français perdirent la bataille et près de 800 hommes dont 15 officiers.

À la fin de 1835, le maréchal Clausel marcha sur Mascara à la tête de onze mille hommes. Le duc d'Orléans se distingua par sa bravoure dans cette expédition. Les troupes de l'émir, battues au Sig, à Abra, à Tafna, à Idbar, se dispersèrent et le laissèrent presque seul.L' Aghalif des Zmalas englobe deux tribus : les Zmalas  dits les Hamianes et la deuxième tribu. De l'époque Berbère (Mérinides) et pendant la présence française, cette tribu était divisée en deux groupes : Les Tenazet a l'est et les Meftah a l'ouest.
 



16/03/2008
25 Poster un commentaire
Ces blogs de Histoire pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 318 autres membres